L'an passé à pareille époque, Thomas Voeckler était déjà lancé vers 2009 après des vacances réduites a minima par une saison à rallonge. Cette fois-ci, durant trois semaines, l'Alsacien de Bbox Bouygues Telecom a bien digéré une saison où il a signé cinq succès, pour un total de 19 depuis 2001, dont le relevé Tour du Haut-Var et une étape du Tour de France à Perpignan. Avec, au bout du compte, guère de reconnaissance pour le trentenaire pilier du cyclisme français, modeste 3 e au Vélo d'Or français alors qu'il a occupé le terrain dès l'ouverture à La Marseillaise (2 e) jusqu'aux championnats du monde. Le public ne le lâche toutefois pas. « Je reste toujours aussi populaire, ça fait plaisir ».
Pour autant rien n'est acquis et après douze jours de stage avec Bbox Bouygues Telecom, Thomas Voeckler juge sa condition sans concession. « Je me sens bien reposé par rapport à l'an dernier, avec le revers de la médaille que j'ai un peu plus de travail à faire pour combler mon déficit de niveau. Didier Rous (Ndlr : son directeur sportif) m'avait prévenu que plus on avance en âge, plus il faut faire le métier. Ça va me prendre du temps ». Il reste que le Bas-Rhinois a neuf années de professionnalisme dans les jambes et surtout une année 2009 encourageante en tête. « C'est vrai que je suis très confiant. Je vais faire ce qu'il faut, ça va revenir ».
Sur la paille dans la grange
Outre le travail avec ses coéquipiers lors du stage, que ce soit en musculation, en footing ou en vélo, il a aussi vécu une étrange expérience. « On a eu une journée d'accrobranche, une course d'orientation, une marche de nuit avec barbecue le soir et on a dormi sur la paille dans la grange d'un paysan, c'était sympa ». La mode est à l'esprit de groupe. Bbox Bouygues Telecom, rétrogradé en Continental Pro ne déroge pas à la règle.
Pour conserver cette ambiance, Thomas Voeckler a dû s'entretenir dès son retour de vacances avec Jean-René Bernaudeau, suite à la mise en lumière de contacts avec la formation de Stéphane Heulot, promu Continental Pro. « Quand je suis revenu de vacances, j'ai de suite parlé à Jean-René pour qu'il n'y ait pas de malentendu. C'est vrai qu'on a discuté pendant le Tour de France, mais ça n'est pas allé plus loin. À partir du moment où je ne suis pas en fin de contrat (Ndlr : ce sera en revanche le cas cette année) et où je me sens bien dans l'équipe, il n'y a pas de raison. Cette année, rien n'est à exclure ».
Pour se donner les moyens de réussir, l'ancien maillot jaune a réalisé une nouvelle étude posturale, qui l'a amené à relever sa potence et avancer sa selle. « Si on regarde bien Armstrong sur son vélo de chrono, il n'est pas trop couché. Ce n'est pas pour ça qu'il a un mauvais rendement ».
Et il en faudra, en 2010, où son programme s'annonce chargé. « Comme nous ne sommes plus en ProTour, nous sommes dépendants des invitations. Si on fait Paris-Nice, quelles vont être les courses de préparation ? Je vais sans doute doubler Giro-Tour de France, ça m'avait bien plu l'an dernier. Il y a aussi le Tour du Pays Basque, la Flèche wallonne, Liège-Bastogne-Liège et le Tour d'Espagne. Quand on regarde le programme, c'est difficile de trouver une coupure. Mais il en faudra une ». Celle, forcée en mars dernier après une fracture de la clavicule sur Paris-Nice, s'était avérée un mal pour un bien.
Gilles Legeard Photo : Ouest France